Gérer son activité professionnelle malgré l’arthrose au quotidien

Les conseillers en santé au travail jouent un rôle important dans la prise en charge de l’arthrose en milieu de travail. Ambra Pizzarelli et la professeure Anne Harriss discutent de l’impact de la maladie sur le travail de l’individu et de la façon de gérer la maladie.

Le travail s’impose comme un pilier de la vie adulte, un espace d’identité et d’utilité sociale, bien au-delà de la seule question du revenu. Il façonne notre place dans la société et porte une part de sens dans nos existences.

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Les liens entre l’activité professionnelle et la santé ont fait l’objet de nombreuses analyses (Waddell et Burton, 2006 ; Palmer et coll., 2013). Des études telles que celles de Sandy et coll. (2008) ou Roni et coll. (2012) mettent l’accent sur les effets bénéfiques de l’emploi, qui rayonnent sur la personne, sa famille et, par extension, tout l’environnement social, un effet qui dépasse la sphère économique.

Une revue indépendante, à la demande du ministère du Travail et des Pensions (2008), a souligné que le travail joue un rôle central dans la construction de l’identité et du statut social. En parallèle du niveau socio-économique, il pèse lourd dans les inégalités de santé, qu’elles soient physiques ou mentales. Un emploi de qualité agit comme un rempart protecteur (Waddell et Burton, 2006 ; Marmot, 2010). À l’inverse, l’exclusion du monde du travail et la santé fragile s’alimentent mutuellement (Adams et coll., 2003).

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Avec l’allongement de l’espérance de vie, nombre d’entre nous poursuivent leur activité plus longtemps. Cette évolution démographique impose de mieux prendre en compte l’impact des maladies chroniques sur la population active.

Les pathologies de longue durée freinent l’accès à l’emploi et compliquent la vie professionnelle. Selon Koolhaas et coll. (2012), ceux qui souffrent de problèmes chroniques rencontrent davantage d’obstacles, liés à la fois au vieillissement et à la nature même de leur pathologie.

Quand il s’agit d’évaluer la capacité d’une personne à occuper son poste, les professionnels de santé doivent intégrer ces réalités. Ce texte met le projecteur sur l’arthrose du genou, une affection musculo-squelettique dégénérative, et sur les répercussions concrètes de cette maladie sur l’activité professionnelle.

L’arthrose est la maladie articulaire la plus répandue à l’échelle mondiale. Selon Glys-Jones et coll. (2015), 10 % des hommes et 18 % des femmes de plus de 60 ans en sont atteints.

En Angleterre, 7,3 millions de personnes ont sollicité un traitement pour l’arthrose en 2013, soit un tiers des plus de 45 ans.

Le genou, en particulier, concentre une grande partie des cas : 4,11 millions d’Anglais vivent avec une arthrose du genou, un chiffre qui ne cesse de grimper.

Les projections d’Arthritis Research UK (2013) tablent sur 8,3 millions de personnes concernées par l’arthrose du genou d’ici 2035, alimentées par le vieillissement démographique et la montée de l’obésité.

On s’accorde à dire que les capacités physiques déclinent plus rapidement que les aptitudes mentales ou sociales à mesure que l’âge avance (Chan et coll., 2011).

L’arthrose a longtemps été considérée comme la conséquence inévitable de l’usure mécanique du cartilage, une fatalité liée au vieillissement, avec peu de perspectives d’amélioration. Or, cette vision est aujourd’hui bousculée (Dziedzic et al., 2014).

Les connaissances sur les causes de l’arthrose ont évolué, modifiant la perception de la maladie et, de fait, la façon de l’aborder dans le contexte professionnel.

Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) a reconnu cette évolution et l’a intégrée à ses recommandations sur la prise en charge de la maladie (2014).

Le développement de l’arthrose repose sur une combinaison d’évènements mécaniques, cellulaires et biochimiques (Hunter, 2011).

On utilise souvent les termes « maladie dégénérative des articulations » ou « ostéoarthrose » pour désigner l’arthrose. Le mot ostéoarthrose met l’accent sur l’aspect dégénératif, tandis que « arthrose » rappelle la part inflammatoire du trouble.

Les facteurs de risque sont multiples : surpoids, avancée en âge, sexe féminin, et particularités génétiques (Sinusas, 2012).

L’arthrose peut toucher n’importe quelle articulation mais les genoux, hanches, mains, colonne vertébrale et pieds sont les zones les plus concernées. Six millions de Britanniques souffrent d’arthrose du genou (Dulay, 2015), un chiffre éloquent sur l’ampleur du phénomène.

Cooper et Palmer (2010), citant Cooper et autres (1994), rappellent que, hors contexte professionnel, les principaux facteurs de risque sont l’obésité, les traumatismes au genou, la ménisectomie et les nodules d’Heberden.

Du côté professionnel, certains métiers exposent davantage : les activités impliquant accroupissements, agenouillements, flexions prolongées ou répétées du genou, ou port de charges en position fléchie. Les métiers comme la pose de tapis illustrent bien cette réalité.

Les symptômes les plus fréquents de l’arthrose sont la douleur articulaire, la raideur et la limitation des mouvements (Dulay, 2015). Ces manifestations résultent de l’altération progressive du cartilage et des tissus adjacents. Quand une articulation est touchée, le cartilage se détériore, généralement aux points de pression maximale. S’engage alors une série d’événements qui incluent :

  • la formation d’ostéophytes (excroissances osseuses issues du cartilage ossifié) ;
  • un épaississement du synovium (la membrane interne de l’articulation, productrice de liquide synovial) ;
  • une contraction et une rigidification de la capsule et des ligaments.

Signes, symptômes et diagnostic

La douleur et la raideur restent les signaux d’alerte les plus fréquents. La douleur représente d’ailleurs le principal motif de consultation. Selon Cox (2009), la douleur de l’arthrose est souvent décrite comme sourde, pénible, localisée à une zone précise.

Elle tend à s’accentuer à l’effort, tout particulièrement après une phase de repos (Sinusas, 2012), c’est le phénomène dit de « gélification ». Cette raideur dure généralement moins de 15 à 30 minutes, alors que dans des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, elle se prolonge au-delà de 45 minutes (Manek et coll., 2000).

Walker (2011) recense plusieurs signes cliniques caractéristiques :

  • le crépitus, sensation de frottement lors du mouvement de l’articulation, liée à l’irrégularité des surfaces cartilagineuses ;
  • une diminution de l’amplitude de mouvement ;
  • une douleur à la mobilisation ;
  • une synovite modérée ;
  • un diagnostic combinant éléments cliniques et radiologiques. Les radiographies permettent d’écarter d’autres causes et d’envisager une éventuelle intervention chirurgicale.

Gestion de la maladie

Le NICE (2014) recommande une approche globale pour l’évaluation et la gestion de l’arthrose, afin d’améliorer la compréhension de la maladie et de rectifier certaines croyances erronées.

Les stratégies d’autogestion, élaborées avec la personne concernée, renforcent l’autonomie et limitent le recours aux soins et aux traitements médicamenteux (Corben et Rosen, 2005).

Hunter (2011) insiste sur la priorité à accorder d’abord aux options non médicamenteuses pour soulager la douleur : conseils sur l’hygiène de vie, activité physique adaptée, puis recours aux antalgiques si besoin, et en dernier lieu aux solutions chirurgicales. Trop souvent, cette première étape est négligée, au détriment du patient (Glazier et coll., 1998, cité dans Hunter, 2011).

Le paracétamol, puis les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène, sont les médicaments les plus fréquemment utilisés.

La douleur de l’arthrose est liée à la libération de médiateurs chimiques dans l’articulation, issus de l’inflammation, rendant douloureux des gestes qui ne le seraient pas en temps normal.

Ce phénomène porte le nom d’allodynie : ressentir une douleur lors de mouvements banals, comme marcher ou s’agenouiller.

L’hydroxychloroquine, souvent prescrite dans l’arthrite inflammatoire, voit son intérêt dans l’arthrose encore débattu. Pourtant, certaines études (Kingsbury et coll., 2013) suggèrent qu’elle pourrait soulager les douleurs, l’inflammation étant aussi présente dans l’arthrose.

Évaluation de l’aptitude au travail

Pour évaluer l’aptitude au travail, les professionnels de santé doivent garder en tête le vieillissement de la population active et intégrer les différents facteurs en jeu : environnement, état physique, capacités d’adaptation, soutien social, comportements de santé (Chan et coll., 2000).

Une étude de Haugli et al. (2011) a mis en avant les ingrédients d’un retour au travail réussi : environnement soutenant (managers impliqués), relations positives avec les soignants, et meilleure compréhension de soi-même, de ses ressources et valeurs.

En 2050, près d’un tiers de la population européenne aura plus de 65 ans (Palmer, 2012). Une enquête menée aux États-Unis (SunAmerica Retirement, 2015) révèle que la plupart des personnes proches de la retraite ne souhaitent pas s’arrêter brutalement.

Pour certains, l’aspect financier explique ce choix, mais pour la majorité, la volonté de garder un rôle actif dans la société prime.

Au Royaume-Uni, la réforme de l’âge de la retraite repousse ce moment charnière. Beaucoup continueront à travailler, à temps partiel ou complet, selon leur situation.

Palmer et coll. (2013) rappellent que l’évaluation professionnelle vise à vérifier si la personne peut exercer son métier sans mettre en danger sa propre santé ou celle d’autrui.

Le modèle de Murugiah et al. (2002) propose quatre axes pour une évaluation structurée : aspects personnels, caractéristiques du poste, contexte de travail et réglementations.

Palmer (2012), dans une étude sur les travailleurs touchés par l’arthrose du genou, recommande de s’interroger sur :

  • le degré auquel l’arthrose du genou limite la participation au travail, entraîne des absences ou un risque de perte d’emploi ;
  • les preuves que certaines interventions permettent de maintenir l’activité professionnelle malgré l’arthrose du genou.

Stubbs et coll. (2015) observent qu’un cinquième des personnes souffrant d’arthrose développent des troubles dépressifs ou anxieux. Ce mal-être est lié au handicap physique et à l’isolement social. Face à une arthrose sévère, il peut être pertinent de proposer une évaluation psychologique avec des outils adaptés, comme les questionnaires PHQ-9 ou GAD-7.

Palmer et coll. (2013) préviennent que le coût de l’arthrose pour les employeurs ira croissant, sous l’effet du recul de l’âge de la retraite et de l’augmentation de l’obésité.

D’après le Department for Work and Pensions (cité dans Palmer, 2013), le coût annuel de l’arthrose au Royaume-Uni atteint 3,2 milliards de livres en perte de productivité. Encourager l’activité physique adaptée et la souplesse organisationnelle pourrait limiter cet impact.

Les travaux de Page et coll. (2011) montrent que la physiothérapie diminue la douleur et améliore la fonction chez les personnes atteintes d’arthrose du genou, favorisant ainsi leur maintien en poste.

Selon les contraintes du métier et les manifestations physiques, divers aménagements s’envisagent :

  • programmer des pauses régulières pour les employés ;
  • organiser un retour progressif si une absence prolongée a eu lieu, avec passage d’un temps partiel à un temps plein de façon échelonnée ;
  • adapter les missions si nécessaire ;
  • intégrer des pauses posturales, par exemple alterner position debout et tâches assises toutes les 20-30 minutes ;
  • utiliser un tapis antifatigue lorsqu’il faut rester debout longtemps ou des semelles spécifiques ;
  • former à des techniques appropriées de manutention ;
  • accorder du temps sur les heures de travail pour permettre la participation à des séances de rééducation ou de suivi médical.

Pour les agents exposés à des gestes aggravant leur pathologie, une évaluation des risques menée avec l’employé, conformément à la réglementation de 1999 sur la gestion de la santé et de la sécurité au travail et à la loi de 1974, garantit l’adéquation entre exigences professionnelles et capacité réelle.

L’employeur porte la responsabilité d’assurer la santé et la sécurité de ses collaborateurs, et doit réduire les risques après analyse de la situation.

Adopter une alimentation équilibrée et maintenir une activité physique adaptée restent des leviers majeurs.

Soutenir le retour au travail

Le professionnel de santé a pour mission de formuler des recommandations concrètes pour aider les personnes souffrant d’arthrose à conserver leur emploi malgré la maladie.

Bien connaître les mécanismes de l’arthrose permet d’apporter des conseils justes, que ce soit pour évaluer la capacité à travailler ou accompagner la hiérarchie dans l’élaboration d’un plan de réadaptation.

Longtemps centrée sur le traitement des symptômes et la réduction de la douleur, la réadaptation s’ouvre désormais à une approche globale, intégrant les dimensions sociales, psychologiques et économiques du travail (Haugli et coll., 2011).

Des recommandations générales comme le maintien d’un poids adapté, la pratique régulière d’activités physiques douces telles que la natation, et la mise en place d’un programme de retour progressif à l’emploi, peuvent transformer la trajectoire professionnelle et la qualité de vie, pour l’employé comme pour l’employeur.

Pour que le retour au travail soit durable et bénéfique, il importe de concevoir le processus comme un accompagnement sur le long terme, permettant des adaptations pérennes de la santé du salarié.

Ce résultat s’obtient par une mobilisation collective : services de santé au travail, médecins généralistes, kinésithérapeutes, et direction se coordonnent pour offrir un soutien à la fois médical et organisationnel.

Ambra Pizzarelli RGN, RM, PGDip Health Promotion, exerce en santé au travail et termine sa formation en sciences infirmières. Anne Harriss, professeure à la London South Bank University, s’investit dans la recherche et la formation en santé au travail.

Références

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