209 euros. C’est la somme moyenne touchée par un colocataire bénéficiaire des APL en France, selon les derniers chiffres de la CAF. Pas de magie, ni de passe-droit : la règle s’applique sans détour à tous les colocataires, qu’ils vivent à trois dans 70 m² à Toulouse ou à cinq dans un grand appartement lyonnais.
Dans une colocation, chaque habitant doit effectuer sa propre démarche pour l’Aide Personnalisée au Logement. Impossible de mutualiser ou de répartir l’aide au sein du groupe : la CAF analyse chaque situation individuellement, sans se préoccuper du bail partagé. Le montant obtenu varie ainsi d’un colocataire à l’autre, car il dépend de la part du loyer déclarée par chacun, de ses ressources et de sa situation personnelle. Que le contrat soit signé collectivement ou individuellement, cette règle ne fléchit pas.
Ce principe réserve parfois quelques surprises : deux cohabitants, même adresse, mais des montants d’APL qui n’ont rien de jumeaux. Tout s’explique par les critères personnels pris en compte lors du calcul : revenus, statut, composition du foyer. La quote-part du loyer, et non le total, devient la base de référence pour chaque demandeur.
Colocation et APL : ce qui change par rapport à la location classique
L’expérience de la colocation chamboule les habitudes du logement individuel. Soudain, les repères administratifs glissent : droits sociaux, bail, gestion des aides, tout fonctionne autrement. Premier point de friction, le bail : qu’il soit collectif ou individuel, il façonne la relation entre colocataires et propriétaire, mais surtout la manière dont le loyer est réparti et l’APL attribuée.
Dans ce contexte, pas de partage automatique de l’APL entre habitants. L’aide reste liée à la personne, jamais au groupe. Chacun doit prouver qu’il réside bien dans le logement, puis déposer sa propre demande sans s’appuyer sur celle des autres. Le montant dépend alors de la part du loyer supportée, du type de contrat signé (bail collectif, individuel, clause de solidarité ou non) et, bien sûr, des ressources de chaque occupant.
Voici les grandes différences selon les types de bail :
- Un bail collectif avec clause de solidarité rend chaque colocataire responsable du loyer total si l’un d’eux fait défaut.
- Avec un bail individuel, la responsabilité se limite à sa chambre ou à sa propre part de loyer, ce qui simplifie la demande d’APL.
Contrairement à une location classique, la colocation impose donc à chacun de gérer ses démarches en solo. L’administration, qu’il s’agisse de la CAF ou de la MSA, s’appuie sur la répartition réelle du loyer, la nature du bail et la composition du foyer pour calculer l’aide. Chaque détail compte au moment de signer le contrat ou de remplir le dossier, faute de quoi le montant attribué pourrait surprendre.
Qui peut bénéficier de l’APL en colocation ?
En colocation, tous les habitants peuvent déposer une demande d’APL, à condition de répondre aux critères de la CAF ou de la MSA. Premier impératif : être nommé sur le bail, collectif ou individuel. Cette inscription officielle ouvre l’accès à la demande d’allocation logement.
Le logement doit également être votre résidence principale. Sans cela, la demande sera rejetée. Ensuite, la CAF examine la composition du foyer et les ressources de chaque colocataire pour évaluer le droit à l’APL colocation. Les seuils de revenus sont identiques à ceux d’un locataire classique, mais chaque dossier est étudié séparément.
Voici les profils concernés :
- Étudiants, jeunes actifs, salariés, tous ceux qui partagent un logement sans lien familial direct peuvent déposer leur dossier, à condition de figurer sur le contrat.
- Pour les couples, la demande est commune : la totalité des ressources du ménage est alors prise en compte.
Le logement doit aussi respecter certains critères : il doit être conventionné, répondre aux normes de décence et ne pas appartenir à un parent ou enfant du demandeur. À noter : si un colocataire quitte le logement, son droit à l’APL cesse ; il ne se transmet pas aux autres. Chacun reste maître de sa demande et de ses démarches auprès de la CAF ou de la MSA.
Les règles de calcul et de versement de l’APL entre colocataires
Le calcul de l’APL en colocation repose sur une individualisation stricte. La CAF ou la MSA examine les ressources de chaque colocataire individuellement, sans s’intéresser à celles des autres habitants, sauf en cas de couple. L’aide ne se divise pas : elle est calculée et versée pour chaque dossier, selon la quote-part de loyer assumée par chaque personne.
Concrètement, plusieurs éléments sont pris en compte :
- Le type de bail (collectif ou individuel) détermine comment la part de loyer est calculée et mentionnée dans le contrat.
- Le montant perçu dépend des ressources du demandeur, du plafond de loyer appliqué localement et du nombre d’occupants déclarés.
L’aide est versée directement sur le compte bancaire de chaque colocataire, sauf si le propriétaire a choisi le tiers payant : dans ce cas, l’APL est déduite du loyer et transmise au bailleur, qui ajuste le montant réclamé à chaque habitant. Ce système préserve l’autonomie financière de chaque bénéficiaire et simplifie la gestion au quotidien.
Attention : le montant de l’aide évolue en fonction de la part de loyer réellement payée. Si un colocataire part, si un nouveau s’installe ou si les ressources changent, il faut en avertir la CAF ou la MSA rapidement. Sans cette actualisation, l’aide peut être suspendue ou révisée à la baisse, voire donner lieu à un remboursement.
Démarches pratiques pour demander l’APL en colocation
Avant d’entamer la demande, assurez-vous que le logement est bien votre résidence principale. Cette condition est incontournable pour l’obtention de l’APL. Chaque colocataire doit réaliser une demande en son nom auprès de la CAF ou de la MSA ; aucune démarche collective n’est acceptée. Le bail doit mentionner clairement chaque occupant, que le contrat soit partagé ou non.
La préparation du dossier nécessite plusieurs justificatifs : le contrat de location, une attestation du bailleur, l’avis d’imposition, les trois dernières fiches de paie, l’attestation d’assurance habitation et un relevé d’identité bancaire. Les ressources de chaque colocataire, ainsi que la part du loyer versée, servent de base au calcul du montant attribué.
Avant de déposer la demande, il est conseillé de réaliser une simulation APL sur le site de la CAF ou de la MSA. Cela permet d’estimer le montant de l’aide à attendre. Lors de la simulation, il est essentiel d’indiquer la part du loyer payée, le type de contrat de location et la composition du foyer.
Le dépôt du dossier s’effectue en ligne, dans l’espace personnel de chaque colocataire. Toute modification (nouveau colocataire, départ, variation du loyer ou des revenus) doit être signalée sans délai. La régularité des déclarations conditionne la continuité de l’aide.
Dans le tumulte de la colocation, l’APL agit comme un filet de sécurité, mais il appartient à chacun d’en connaître les ressorts pour éviter les mauvaises surprises. Une colocation bien ficelée, des démarches à jour, et la solidarité s’exprime aussi… sur le compte en banque.


