L’élixir du suédois, la liqueur médicinale aux mille vertus

Le hasard n’a rien à voir avec la renommée de l’élixir du suédois. Ce mélange singulier, longtemps transmis comme un secret jalousement gardé, s’est imposé sur les étagères des adeptes de santé naturelle. Derrière chaque flacon, une histoire de savoir-faire et une palette de vertus qui n’a jamais cessé de fasciner.

La naissance de l’élixir du suédois

Derrière la recette d’aujourd’hui, un médecin suédois du XVIIIe siècle : Klaus Samst. À la thériaque vénitienne, célèbre potion déjà utilisée au Moyen Âge, il ajoute une sélection rigoureuse de dix plantes. Ce savant mélange donne une macération alcoolisée dont chaque ingrédient occupe une place précise, camphre de Chine inclus, rien n’y a été laissé au hasard.

Mais c’est la combinaison des plantes choisies qui confère à ce breuvage toute sa singularité. Entre traditions séculaires et touches d’innovation, ce remède a tracé sa route jusque dans les routines santé, où il continue de intriguer curieux et passionnés.

Les propriétés des plantes de l’élixir du suédois

Pour cerner toute la richesse de la formule, regardons d’abord les cinq premières plantes qui s’ajoutent à la base de thériaque. Les suivantes, camphre et thériaque inclus, feront l’objet d’un autre article.

L’élixir du suédois jongle avec les usages : il s’utilise aussi bien par voie interne qu’en application externe. Parfois tonique, parfois relaxant ; parfois stimulant, parfois apaisant. Pour aller plus loin, penchons-nous sur les plantes qui composent ce cocktail incontournable, et à quoi elles servent réellement.

La feuille de séné, riche en anthracéniques, agit efficacement sur le transit intestinal. Son action laxative, à la fois puissante et rapide, vise à rétablir une activité intestinale fluide et à favoriser des selles naturellement souples.

L’aloès, quant à lui, n’a plus à prouver sa polyvalence. Appliqué sur la peau, il atténue inconforts et petits bobos grâce à son effet apaisant et son action modérément antidouleur. Avalé, il aide à équilibrer la glycémie, réduit le cholestérol, joue un rôle antioxydant et vient soulager les désagréments digestifs.

La carline des Alpes affiche une double casquette. Sur la peau, elle désinfecte, accélère la cicatrisation, atténue les imperfections et calme eczéma comme urticaire. En interne, elle encourage la sudation et booste les fonctions rénales d’élimination.

Cap sur la racine de zédoaire : ce rhizome vise en priorité le confort digestif. Il apaise les nausées, tempère les lourdeurs post-repas, limite les ballonnements et agit contre les troubles du tractus gastro-intestinal.

Enfin, la rhubarbe trouve sa place dès que le transit se fait paresseux et vient soutenir le mouvement naturel de l’intestin. À petite dose, elle se fait modératrice, calmant même la diarrhée et les inflammations internes. On y trouve également une enzyme intéressante pour faire baisser le mauvais cholestérol.

De cette alliance végétale naît un remède caméléon : à chacun de puiser ce dont il a besoin, des secrets de grand-mère aux astuces de la vie moderne. Qui aurait parié qu’un modeste flacon puisse contenir autant de ressources insoupçonnées ?